Christian PRADEL Novice
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Posté le: Dim 18 Jan, 2004 20:08 14 Sujet du message: L'Ethique... de Dieu " J'entend par..." |
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Bonjour à vous tous !
A tous ceux qui aiment, ou qui ont étudié, ou qui sont impressionnés par la philosophie de Spinoza. A tous ceux qui sont indifférents, ou qui veulent en savoir plus, ou qui n'aiment pas l'oeuvre de Spinoza...
J'aimerai commencer par les définitions que Spinoza a écrites. Ethique I ... De Dieu. Il y en a 8. De manière récurente et sauf la définition deux et sept ( il s'agit de la chose), notre ami définit ainsi les notions de cause de soi, de substance, d'attributs, de mode, de Dieu et d'éternité. Cela est important pour la suite.
Permettez moi de préciser et de vous demandez de ne pas tout dire mais essayons de construire ensemble l'argumentation (collective) point par point, schéma par schéma, question par question selon ce qu'inspire l'argumentation proposée.
Un point, à mon sens, est important à relever dans ces six définitions ( la deuxième et la septième sont présentées autrement - le domaine est différent - il s'agit de la définition de la chose - ce qui a donné à Spinoza de le dire autrement). Il dit : "Par ...., j'entends..." ou " J'entends par ..." ( voir plus bas pour ceux qui n'aurait pas le texte sous la main)
Cette expression est très importante parce qu'elle est le support de la définition.
Comment comprenez-vous " par..., j'entends" ou " J'entends par ...". Que signifie "j'entends". Quel est son rapport avec la méthode ? Quels sont les ressorts qui sous-tendent l'expression de Spinoza exposée ici ?
Certains penseront qu'il y a une évidence dans cette question. Certes ! il va de soi qu'une réponse est possible à une telle question... Veuillez bien chercher à éclairer ce maître ignorant qui est en moi ?.
C'est à vous !
Chaleureusement
Christian
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J'mets ici la traduction de SAISSET. Je préfère celle de Roland Caillois mais je l'ai prise sur le Net ( pour aller plus vite) :
L'ÉTHIQUE
Démontrée suivant l'ordre géométrique
En cinq parties
Où il est traité :
I. De Dieu.
II. De la Nature et de l'origine de l'Âme.
III. De l'Origine et de la Nature des Passions.
IV. De l'esclavage de l'homme ou de la force des Passions.
V. De la puissance de l'entendement, ou de la liberté de l'homme.
TRADUITE PAR SAISSET
(1842)
PREMIÈRE PARTIE
DE DIEU
DÉFINITIONS
I. J'entends par cause de soi ce dont l'essence enveloppe l'existence, ou ce dont la nature ne peut être conçue que comme existante.
II. Une chose est dite finie en son genre quand elle peut être bornée par une autre chose de même nature. Par exemple, un corps est dit chose finie, parce que nous concevons toujours un corps plus grand ; de même, une pensée est bornée par une autre pensée ; mais le corps n'est pas borné par la pensée, ni la pensée par le corps.
III. J'entends par substance ce qui est en soi et est conçu par soi, c'est-à-dire ce dont le concept peut être formé sans avoir besoin du concept d'une autre chose.
IV. J'entends par attribut ce que la raison conçoit dans la substance comme constituant son essence.
V. J'entends par mode les affections de la substance, ou ce qui est dans autre chose et est conçu par cette même chose.
VI. J'entends par Dieu un être absolument infini, c'est-à-dire une substance constituée par une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.
Explication : Je dis absolument infini, et non pas infini en son genre ; car toute chose qui est infinie seulement en son genre, on en peut nier une infinité d'attributs ; mais, quant à l'être absolument infini, tout ce qui exprime une essence et n'enveloppe aucune négation, appartient a son essence.
VII. Une chose est libre quand elle existe par la seule nécessité de sa nature et n'est déterminée à agir que par soi-même ; une chose est nécessaire ou plutôt contrainte quand elle est déterminée par une autre chose à exister et à agir suivant une certaine loi déterminée.
VIII. Par éternité, j'entends l'existence elle-même, en tant qu'elle est conçue comme résultant nécessairement de la seule définition de la chose éternelle.
Explication : Une telle existence en effet, à titre de vérité éternelle, est conçue comme l'essence même de la chose que l'on considère, et par conséquent elle ne peut être expliquée par rapport à la durée ou au temps, bien que la durée se conçoive comme n'ayant ni commencement ni fin.
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