Jean-François Hamel Invité
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Posté le: Lun 28 Oct, 2002 17:05 50 Sujet du message: "Sentire" dans l'"Éthique" |
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Dans l'Ethique, je m'interroge sur le sens exact du verbe sentire. Je pense au fameux "nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels", aux quatre affects de jugement sur soi-même et autrui (superbia, abjectio, existimatio, despectus, où il s'agit de "plus" ou "minus" "justo sentire" - problème annexe : Spinoza ne semble pas évoquer le justo sentire tout court et quel est le critère qui permet de juger qu'on "sent" plus ou moins "juste" de soi ou d'un autre ?).
Et surtout au corollaire de II 13 :"Hinc sequitur (...) corpus humanum, prout ipsum sentimus, existere" - qui est ce "nous" qui "sent" ? l'esprit ? le corps ? les deux ? La phrase ne pourrait-elle pas se traduire par quelque chose comme "D'où la conséquence que (...) le corps humain, puisque nous le sentons, existe" ? mais je crains de forcer le sens de pro-ut. Toujours est-il que cette phrase semble indiquer que, de même qu'il n'y a aucune raison de douter de l'existence de l'esprit pensant, il n'y en a non plus aucune de douter de l'existence du corps (contre Descartes donc). Mais où placer sentire dans la série : cogitare, intelligere, cognoscere, etc.? Et d'autre part, est-il absurde de se demander si ce verbe ne peut pas non plus s'appliquer au corps (comme l'évoque l'emploi actuel du verbe "sentir", du style : "Je ne vais pas faire telle chose, je ne me le sens pas") ?
Voilà.
Portez-vous bien. |
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