Eric Puisais SCP

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Posté le: Lun 27 Jan, 2003 11:11 04 Sujet du message: La révolution et ses doubles, Ch. Ferrié |
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Ceci est le résumé de la communication de M. Christian Ferrié
LA REVOLUTION ET SES DOUBLES:
La révolution comme mouvement politique
Christian Ferrié
Il s’agirait d’intenter une critique de l’idée de révolution politique qui permette de la discerner de ses doubles. Par différence avec la révolution astronomique, la révolution d’ordre politique contrecarre l’évolution du système établi en initiant un mouvement chaotique de subversion de l’ordre des choses. Contre la philosophie (kantienne) du droit de l’Etat comme incarnation de l’équilibre des forces stabilisées dans des institutions, il convient de manifester la dynamique révolutionnaire à l’origine de l’institution (de la liberté) comme mouvement politique d’un peuple s’auto-instituant comme pouvoir souverain d’inverser le rapport de forces au travers du mouvement insurrectionnel de la stasis. Préfiguration de la mobilisation insurrectionnelle du peuple, le mouvement social ne devient politique qu’à partir du moment où il ébranle et met en branle le système établi. Tout bouleversement de l’état des choses n’étant pas révolutionnaire, il convient afin de le montrer de distinguer le mouvement politique de la stasis, qui provient de l’auto-mobilisation du peuple, de tout coup d’Etat (civil ou militaire) qui, comme l’autoproclamée “révolution” nationalsocialiste, implique, sur le modèle de ce que Carl Schmitt préconise, une mobilisation autoritaire et plébiscitaire de la population. Ce qui permettra tout aussi bien, contre l’assimilation morphologique des systèmes totalitaires, de discerner entre un processus fondamentalement réactionnaire et une révolution avortée par le fait d’un accaparement du pouvoir d’Etat par une faction dirigeante qui arraisonne le mouvement politique. L’institution(nalisation) comme destin du mouvement révolutionnaire n’est fatale que si les forces vives de la révolution laissent les institutions se bureaucratiser, c’est-à-dire se replier sur la logique de leur propre fonctionnement. Dans le souci d’épurer l’idée de révolution de la mythologie de la fin comme du commencement absolus, du fantasme du renversement total comme du fantôme de l’achèvement du processus révolutionnaire, il convient ainsi de manifester la révolution comme mouvement politique, c’est-à-dire comme dynamique démocratique d’un peuple faisant de lui-même mouvement.
Bibliographie indicative
Kant, Kritik der Urteilskraft (1790), Theorie und Praxis (1793), Rechtslehre (1797), Der Streit der Fakultäten (1798); Reflexionen zur Rechtsphilosophie und zur Anthropologie
Marx, Der Bürgerkrieg in Frankreich
Lénine, L’Etat et la révolution
Carl Schmitt, Staat, Bewegung, Volk (Etat, mouvement, peuple) 1933
Sartre, Critique de la raison dialectique
Castoriadis, L’institution imaginaire de la société
Derrida, Spectres de Marx (1993) _________________ Eric Puisais
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